mardi 23 décembre 2014


les yeux qui mangent la bouche entrouverte
les mains greffées à la peau des joues
le sourcil agrippé sur la ride du front
le bruit égaré engorgé au fin fond
portrait robot du visage surpris 

dimanche 21 décembre 2014



"La surprise au sein de la spontanéité des émotions : un vecteur de cognition élargie." 
J'ai raté ce symposium programmé il y a deux mois dans une université parisienne, réunissant des spécialistes dans des domaines aussi variés que la sémantique formelle, la linguistique textuelle, la métalangue sémantique naturelle ou la psychiatrie. 
La surprise restera à jamais un mystère pour moi. 

vendredi 19 décembre 2014


Capitellophobie

Des sueurs froides. L'angoisse palpable. La vue d'un ruban, d'un paquet, d'un morceau de papier d'argent accélère la formation d'une boule qui, de la gorge, se fraye un chemin jusqu'au ventre. Le bolduc coupe et étrangle. L'écrin tendu est l'arme du duel. La lumière qui s'allume brusquement sur un parterre ami éclaire une zone de conflit. Le cadeau est toujours empoisonné. Le joli petit présent n'est pas l'ici et maintenant du bonheur d'être fêté mais un objet appartenant déjà au passé. La hantise de la surprise est le seul lot de consolation du capitellophobe.  

mardi 16 décembre 2014


Tentative d'épuisement de la surprise

Il faut d'abord la repérer et elle sait semer son monde. Elle n'a pas de signe particulier, elle peut prendre des formes si variées ; une voix, un astérisque. Elle avance vite, il est difficile d'être dans ses pas, mais on sait par exemple, à force de la côtoyer, qu'elle ne s'arrête pas dans les salons de thé, on est sûr de ça, elle va tout droit, elle ne regarde pas si elle est suivie, elle ne se retourne jamais, elle bifurque soudain à l'intérieur d'une poche, prend une autre direction, la voilà dans un esprit comme dans un isoloir où elle se prépare, peut même changer d'avis, avant de franchir une nouvelle porte, probablement dérobée, et voilà qu'on ne sait plus vraiment après quoi l'on court, où elle est, et l'épuisement ne la concerne pas, elle reste fraîche à jamais.

dimanche 14 décembre 2014


La surprise du chef 

Ortolan
tablier de sapeur 
rognons blancs 
pièce montée en douceur

jeudi 11 décembre 2014


Extension du domaine de la surprise

à la politesse
à la formation de lemmes
à l'identification d'un visage
au porno
à l'écoulement de l'eau du bain
au proche qui s'éloigne
aux gestes anodins
à la sobriété
au passé
à l'intervalle entre deux choses
à l'ennui

mercredi 10 décembre 2014


Effet de surprise

Il se tenait d'habitude tapi tout au fond, à l'ombre d'un événement qui attendait sagement son moment. Apparaissait en de rares occasions, lors de petits numéros censés électriser l'âme d'enfant, tapie elle aussi tout au fond. Le ressort surprenant, l'énergique propulsion, l'arrivée au monde d'un élément inconnu puis la fin d'une course, l'arrêt en plein vol, avant le petit dodelinement dont l'agonie pouvait être touchante. Le diable en boîte. Mais les choses en avaient décidé autrement. Le jaillissement de couleurs, l'érection d'une forme, corps oblong tête d'ogive, se manifestait maintenant à tout bout de champ. Qu'elle ouvre, décapsule, dévisse, desserre, tire, déroule, déploie, qu'elle ait un quelconque geste de délivrance et il était là. Pour rire. Pour l'effet. Pour mettre partout un peu de piment. Plus besoin d'esquive, de mouvement de recul, il était entré par effraction pour de bon. Jusqu'au moment où il n'a plus surgi, sans crier gare non plus, sans compter l'addiction. Elle se mit alors à tout ouvrir frénétiquement, tout était béant, offert aux quatre vents, mais non, c'en était fini. Enfin, pas vraiment. Quelque chose avait changé simplement. Il lui fallait maintenant fermer, sceller, renouer, pour le voir pleinement s'épanouir en dedans

mardi 9 décembre 2014


Surprise-partie
où ça 
qui l'a vue s'éclipser
déjà loin
la nuit 
à vol de serpentins

la retrouver
renouer 
les franges de papier
il est là
son nid
au bout de leur chemin

vendredi 5 décembre 2014


Interrogation surprise

Peut-on laisser décanter une surprise ? Reconnaître sa présence sans l'entamer ? Lui conserver toute sa virginité ? Comment se comporte alors l'adrénaline ? Une surprise peut-elle être libérée de l'urgence de la découverte ? Pour quand la slow surprise ? La satisfaction provient-elle surtout du fait d'être surpris ? Y a-t-il encore surprise quand il y a un temps prévu pour sa réception ? L'interdiction sur le sol américain du célèbre œuf en chocolat qui la contient joue-t-elle un rôle dans la psychologie d'une population ? Et pendant ce temps-là, comment s'occupe la déception ? La surprise murmure-t-elle parfois "Prenez, mangez, ceci est mon corps" ?

mardi 2 décembre 2014


Surprise n°2
(calendrier de l'Avent, nid à trouvailles)

Je soupçonne les enfants d'avoir plus de patience que moi. Pour éventrer plus vite le petit tableau du temps, j'ai transformé les 24 jours en autant d'heures, ramassant le tout en une efficace journée. Pour conserver l'effet de surprise, j'ai inscrit sur 24 petits papiers les 24 unités, je les ai mélangés, scotchés au mur, j'en retourne un à heure fixe et me mets à vivre selon l'horaire qui s'impose à moi. C'est éprouvant. À peine ai-je englouti un croissant, que déjà le diner doit-être préparé, laissé sur le feu pour me rendre à un cours de gym, mais les locaux sont fermés car dans la réalité, il fait nuit. Mais même la vie au hasard est bien faite : deux heures absurdes se sont parfaitement enchaînées pour me laisser le temps de ne rien faire comme les autres. Un beau cadeau. 

lundi 1 décembre 2014


Surprise n°1
(Calendrier de l'Avent, nid à trouvailles)

Faire de nouveaux trous dans mon corps pour voir ce qu'il renferme comme possibles trésors serait peut-être un tantinet risqué. Je vais donc recourir à des méthodes plus douces. Une pièce de monnaie dans la main, de couleur cuivrée, et qui possède cette odeur caractéristique résultant du contact entre pulpe et métal, je cherche la zone qui révélera sous l'effet du frottement avec la ferraille un gain bien mérité. Certains me disent que c'est dépassé. Je mets alors de côté mes cinq centimes d'euro, le prix de mon ego, et me contente seulement de faire glisser mon doigt sur cette même surface corporelle, que j'espère aussi "intelligente" que les objets inanimés, en souhaitant qu'elle ouvre sur une nouvelle page. Pas plus de succès. Mais ce toucher aléatoire, cette caresse objective auto-administrée, est tout de même une bonne manière de débuter cette période de fin d'année. 

samedi 29 novembre 2014


Dance routine

J'aurais préféré que l'épisode de paramnésie qui s'est manifestée aujourd'hui se porte sur autre chose que ma présence dans une boulangerie, enserrée entre un enfant avide de sucreries et une grand-mère au cabas louche, et qu'au moment de commander, je change brusquement d'avis, me rabattant sur un pain de mie tranché. Ceci est bien trop ordinaire pour être assimilé à une sensation de déjà-vu. C'est sans compter - et je tiens à les remercier - ma robe fourreau et mes talons vertigineux, qui ont fait tout le sel de cet instant.

dimanche 23 novembre 2014




 Rien que le gris de l'allée
contre la pelouse rase
contre l'écorce du vieux tronc
la peur est déjà dans le salon.

jeudi 20 novembre 2014


Petits abandons 

Laisser mûrir les bananes
et voir pourrir la relation
perdre le fil à découper
poser la liste dans un rayon
égarer le chien en chemin
tasser les lettres tout au fond
attendre la mort du caprice
ignorer que le mal existe
toujours se garder de trancher
préférer procrastartiner.

mardi 18 novembre 2014


Wanted

À l’heure dite, le livreur «me remet un sachet en plastique "passe-partout" (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), lequel contient l’argent en numéraire entouré de papier journal.»*

Je cherche partout ce sac en plastique "passe-partout" siglé Dior. Ce bijou d'absurdité, cette pépite dans le texte. J'en trouve bien un dans la section accessoires & bagagerie, vendu dans le département de Seine-Saint-Denis, sur un fameux site d'annonces entre particuliers, mis en ligne le 03/11/2014. Très bon état jamais servi. Un original, car la contrefaçon est punie par la loi, ce qui ferait beaucoup. 25 €. Seul hic : il est transparent. 

* dans Libération du jour, Dassault, la main dans le cash.

samedi 15 novembre 2014


La coupe est pleine, 
le couple peine

Les époux dans la tête
cherchent la petite bête
Les chéris fais moi peur
se déchirent le coeur
Les conjoints de cul las
vont ailleurs à la chasse 
Les amants sur son âge
ne veulent pas d'outrage

mercredi 12 novembre 2014


Hygiène du corps et de l'esprit

Cette nuit, organisée autour de l'arène du rêve, j'ai prononcé un mot, un nom plutôt, d'une voix qui m'a éveillée. Cela m'arrive très rarement. Je me suis entendue dire "Ésope". Clairement. Distinctement. Le contexte onirique de cette saillie verbale m'échappe totalement à présent. Une seule chose. Hier, en me rendant dans le lieu d'aisance d'un appartement ami, j'ai vu sur le rebord de la baignoire de petites fioles portant le nom d'une marque très courue actuellement et je m'étonnais de les trouver là où j'étais. Aesop. Depuis le siège des toilettes, j'ai dit à haute voix et à deux reprises la marque de ces produits, pour héler et taquiner mon hôte sur la raison de ce raffinement de bain super cher/supercherie. Sur le moment, je n'ai pas fait le lien avec le nom d'un écrivain grec, inventeur de la fable. Pourquoi l'aurais-je fait ? 
Mais c'est bien lui que j'ai appelé en pleine nuit. C'est bien le fabuliste que j'ai voulu à mon chevet. 

dimanche 9 novembre 2014


Le mur

J'ai déplacé le canapé. Retrouvé dessous des morceaux étranges. 
De la nourriture ancienne. Une carte postale venue d'Allemagne. 
Des allumettes. Un vieux pain de savon. Du savon ?! La bibliothèque, je la laisse en l'état. Les livres seront debout. Fiers et debout. Regardant avec moi l'événement se produire. Le pan de mur est maintenant en partie nu. 
En prenant mon élan, pour que ma force soit optimale, j'ai cassé la lampe qui se tenait sur la table un peu en retrait. Pas suffisamment cependant. Tant pis. Je ramasserai les bouts de verre plus tard. Le premier coup de masse a directement entamé la cloison. J'ai entendu le voisin hurler. Malgré sa protestation, j'ai porté un deuxième coup. Je voyais déjà de l'autre côté. Il est venu sonner, j'ai ouvert en souriant. Pas lui. Nous ne sommes vraiment pas près pour la réunification. 

samedi 8 novembre 2014


Ne rien faire d'autre qu'occuper cet espace avec les morceaux d'alphabet latin que j'emboîte comme je peux, je crache dans mes mains et j'empoigne les petite formes têtues, toutes celles qui me tombent sous la main je les veux bien, je suis un bâtisseur de riens aux prises avec un jeu de construction, et au fur et à mesure que les lignes s'empilent, la chute de Rome, des mots qui s'éboulent, de petites ruines en devenir, bientôt des vestiges que je redécouvrirai en touriste, en pensant déjà à la prochaine expédition, à la prochaine halte, à la prochaine photo qui permettra de rendre plus désirable cet écroulement-là.

vendredi 7 novembre 2014



Partialisme : États Généraux X
aujourd'hui : la délicieuse hyperhidrose axillaire



mercredi 5 novembre 2014


Et la ville en son temps 

Le stationnement sans gluten
Le trottoir à la barbe taillée
La lumière en couple dans le 10e
Le métro nature 
Les sanisettes collection capsule
La piste cyclable cloud
Le commerce de quartier on line
Le fond de l'airbnb

samedi 1 novembre 2014


Gisant sur le pavé, sans tête, sans fête, j'ai adopté le masque délaissé. Pas assez peur, pas assez sang, pas assez faux, pas assez héros, pas assez plastique. Latex ou visage grimé, sinon rien. Je le sens pourtant bricolé dans la joie et boudé par pudeur. Halo wins. 

vendredi 31 octobre 2014


Fin de mois


D'octobre 
ne reste que l'idée
à même la boîte furent 
grignotées les heures rousses
n'était l'œuf tombé à côté 
du festin des jours.

mardi 28 octobre 2014


Le blanchisseur et l'amant

le perron d'un hôtel 
un camion stationné
gueule béante de coton
un chariot vacillant
et la pile de linge blanc
sur le sol déversée

une chambre sans vue
un couloir moquetté
un grand lit d'amidon
et le couple si raide
se pique de langueur
à même l'édredon

et dans le même moment
en des lieux différents
observant leur forfait
les voilà qui s'exclament 
Nous sommes dans de beaux draps

dimanche 26 octobre 2014


La chevelure


Cet étal capillaire
bien loin de baudelaire
pourtant m'attire
danse du scalp
boucles égorgées
votre fichu Madame
est mon trophée. 

vendredi 24 octobre 2014


Gueule de bois 

Je bois à la paille 
des objets liquides 
aux degrés élevés
et le lendemain
une poutre aïe
vient cogner
mon crâne 
une écharde 
si pénible
à enlever

mercredi 22 octobre 2014


Une seule lettre vous manque 
une autre est retrouvée

Subir - Sabir 
Humidité - Humilité
Calvaire - Calcaire
Mort - Sort - Port 
Vie - Vil - Vin
Venir - Tenir
Maison - Raison - Saison 
Bouche - Louche - Touche - Mouche - Douche - Souche - Couche
Engager - Enrager
Voler - Voter
Aimer - Aider
Royal - Loyal
Avide - Aride - Acide 
Pouvoir - Mouvoir
Assouvi - Assoupi 
Bite - Bile - Bide - 
Fureur - Fumeur 

Ennui - Enfui !

lundi 20 octobre 2014


Céder le langage 

Ces temps-ci, les mots tournent autour du point. 
Quelle direction prendront-ils ? 
Vers la déchetterie ? 
Vers l'autoroute de l'information ? 
Vers le cœur d'une ville encore inconnue ? 
Vers un centre commercial ? 
Certains, dans le flux, se sont perdus. 

vendredi 17 octobre 2014


À force de se contenir

Dans mon sac en péritoine 
je range mes doigts
rien pour ouvrir rien pour embellir rien pour relier

Dans ma caisse de vanité
je dépose les armes
rien pour masquer rien pour tromper rien pour refléter

Et dans ma gourde avide  
je verse ma soif
rien pour étourdir rien pour étancher rien pour oublier

mercredi 15 octobre 2014


Des gouttes et... (fin de saison)

Elle est là ! Bruine. Crachin. Ou flotte. Mais voilà. Ce n'est plus l'élixir attendu. Je reste imperméable à sa plasticité. Imagination à sec. Débit zéro. Il me faudrait une grande flaque pour me remettre en place les idées. 

dimanche 12 octobre 2014


Sécheresse matinale (épisode 4)

J'ouvre et je ferme des fenêtres internet, et que je le veuille ou non, elles donnent sur le ciel, qui ne m'obéit pas. Pas la moindre goutte. Pas le moindre doute. Je sors pour traquer un nuage. 

vendredi 10 octobre 2014


La danse de la pluie (épisode 3)

Je l'avais en ligne, depuis un lointain centre d'appel, et je voulais que ce soit lui qui morde à l'hameçon. Je lui ai demandé si, au lieu de ses volets roulants dont je n'avais, hélas, aucun besoin, il ne pouvait pas plutôt me vendre un peu de liquide céleste (1er mot de ma liste). De pluie, si vous préférez. J'avais imaginé une semaine nourrie d'averses, et souhaitais transformer ces impedimenta (2e mot) en prétextes à de nouvelles occupations ; au lieu de quoi, il faisait presque beau, c'était frustrant. J'avais des arguments pour rapprocher volets roulants et temps pluvieux : n'avait-on pas affaire à deux choses pareillement verticales, qui tombaient en rideau, et avaient une sacrée tendance à faire baisser la luminosité ? Il était étrangement muet au bout du combiné. Quand j'ai commencé à lui parler d'urée et de créatinine (3e et 4e mots), et de ce petit challenge personnel que je m'étais fixée concernant ma vessie, il a raccroché. 

mercredi 8 octobre 2014


Travaux pratiques pluvieux (épisode 2)

Le pamphlet pizzas s'avère être une entreprise beaucoup plus ambitieuse que je ne l'avais imaginée. J'ai sous-estimé le pepperoni. Plus j'y pense, plus il m'apparaît qu'il s'agit d'un travail de longue haleine (oignon/gorgonzola) pour lequel un épisode de pluie ne suffirait pas. Je dois revoir mon agenda. La pizza n'est que la garniture d'un menu socio-idéologique bien plus vaste et profond qu'un four à pain. 
Le comptage des confettis est une chose faite, le chiffre m'échappe déjà, qui n'a d'ailleurs aucune importance. J'ai tiré néanmoins quelques enseignements de cette séance : si vous utilisez vos doigts et leur pulpe humide, les petits ronds de fête risquent de coller entre eux, et l'erreur se glissera, en en déplaçant par mégarde deux ou trois. Munissez-vous de la pointe d'un couteau pour les faire glisser un à un dans le camp des dénombrés, et voici le disque plat possiblement sectionné. Comment considérer alors les parties obtenues ? Comme autant de nouveaux éléments ? 
Vous soupirez tant l'exercice est vain ? Voilà le tas qui s'envole…  

lundi 6 octobre 2014


Aquaplaning planning (épisode 1)

La semaine s'annonce pluvieuse. Par conséquent, je multiplierai les activités indoor. Écrire un pamphlet sur les pizzas. Compter les confettis d'un sachet. Attendre le dernier moment avant de soulager ma vessie pleine comme une outre comme si le prochain lieu d'aisance était si loin et si désiré. Sourire à un moucheron. Passer le web au peigne fin. Éterniser un rêve. Lire toutes les notices de médicaments. Noter sur une feuille 20 mots que je n'utilise jamais puis essayer de les placer avec aisance dans la conversation que je ne manquerai pas d'avoir avec le prochain vendeur de quelque chose qui m'appellera. Ouvrir un tiroir. Imaginer un voyage en relevant le nom de tous les endroits où ont été fabriqués les aliments de mes petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner grâce aux indications de leurs emballages portés sur un site de cartographie en ligne. Classer les livres selon leur poids exact, du plus maigre au plus pesant. Faire un blog. 

mardi 30 septembre 2014


Tractations 

Septembre va disparaître sous le tapis des mois
heureux de rejoindre en secret juillet mais qui le sait
octobre arrive fiérot, ventre en avant, nombril drapeau
sous-préfecture, pince à cravate, vin de bordeaux
il se déballonnera malgré son 31 mais qui le croit
ballon de rouge ballon d'hélium ballon en bois 

dimanche 28 septembre 2014


Les marques 
de liquide vaisselle 
proposent maintenant
des parfums inspirés d'Orient
ou d'Amérique latine
quant à celles 
de préservatifs
j'imagine tout un continent
d'inventions marketing.

vendredi 26 septembre 2014


Une nuit

Sur le lit de la chambre d'hôtel, ce que j'ai pris pour une friandise de bienvenue était un paquet renfermant des protections auditives en mousse. 
Dans la salle de bain, en pensant ouvrir le sachet contenant le savon, une petite boule compacte de cheveux et de poils est tombée dans ma main. 
Dans le tiroir du bureau, en cherchant le menu du room service, j'ai trouvé un papier à lettres à l'en-tête de l'établissement sur lequel étaient couchés des mots injurieux. 
Sur la poignée de porte, le traditionnel message Do not disturb était devenu Ici ont dormi des quantités de retraités.
Dans la penderie, un petit sac en toile de coton pendu à un cintre portait la mention Cry clean.
Le mini-bar contenait un oignon, une gousse d'ail et un rouleau de pâte feuilletée.
Je me suis abstenue d'ouvrir le coffre-fort. 

mardi 23 septembre 2014


2 neurones 

0 pointé
1 digne
2 neurones
3 petits cochons
4 mariages pour tous et un enterrement
5 bruits qui courent et grosses légumes par jour 
6 pieds sous terre
7 pêchés capitaux
8 re pas fraîche
9 ou d'occasion
10 qualifié

lundi 22 septembre 2014



Petit paradoxe contemporain : les files d'attente dans lesquelles 
des gens consultent des écrans à très haut débit mobile.

jeudi 18 septembre 2014


Bon public

J'ai visité le musée de l'ascenseur. Du rire aux larmes.
Je me suis rendue au festival du désodorisant d'intérieur. Tous les sens en éveil.
J'ai arpenté la biennale de l'interrupteur. Un choc.
J'ai vu l'exposition dédiée au cuit vapeur. Aux petits oignons.
J'ai loupé la rétrospective sur le sanibroyeur. Une chance.

mardi 16 septembre 2014


Je mange donc je m'essuie

Il y eut la beauté intérieure
Et elle a fait son temps
Pris un bon coup de vieux comme on dit
Voilà venue maintenant
L'intelligence intestinale
Le cerveau dans le ventre dernier cri
Bientôt on préférera à la tête
que l'estomac soit brillant. 

dimanche 14 septembre 2014


Glaïeul

J'ai mis du temps à l'aimer 
Cette épée végétale
Ce glaive floral
Ce machin trop grand 
L'instant est arrivé
Et je ne me lasse pas
Depuis
De brandir son tréma
D'admirer son glabre
De saluer sa démesure.

jeudi 11 septembre 2014


Quart d'heure de gloire

Un paratonnerre d'applaudissements
la foudre critique 
la pluie d'injures
la rafale de gens
la grêle des rumeurs
puis le silence inexorablement.

mardi 9 septembre 2014


N'importe quoi dans quelque chose

Un nuage de lait dans son vin
Un peu d'un sexe dans le sien

Une fève cachée dans un galet
Une prison dans un bracelet

Un rêve dans un aspirateur
Une bille de verre dans le cœur

dimanche 7 septembre 2014


Sainte Reine

facebook voudrait être mon salon des nobles
mon frigo est trop petit pour être l'antichambre du grand couvert
la télévision est parfois mon bouffon
le like n'est pas ma cour
le cloud se prend pour mon royaume
candy crush n'a pas l'étoffe du trictrac
le café d'en bas loge à l'occasion mon petit trianon

vendredi 5 septembre 2014


Essences

La bibliothèque était adossée à un chêne
La voiture fichée dans le platane
L'employé assis sur le tronc d'un bouleau
La famille hissée dans l'arbre
Le journaliste patient devant le marronnier
L'amoureuse cachée derrière le saule pleureur
Le solitaire interrogatif face au peuplier
Le malade craignait l'orme
Le suicidaire cherchait le noyer
Le penseur admirait l'hêtre
L'acteur vénérait le palmier
Le sage regardait le sapin.

mercredi 3 septembre 2014

Bleu Rien


Je sais soudain de quoi est faite 
la voûte au-dessus de ma tête
De plaques montées à la va-vite
 Quelle déception un ciel en kit 

lundi 1 septembre 2014


Bercail

Mon cul sur la commode
Mon doigt sur le judas
Et mon pied dans le plat

Mon cheveu dans la soupe
Mon pardessus ma jambe 
Et ma tête dans les murs

Ma bouche pommeau de douche
Ma main mètres carrés
Mon cœur coffee table

Mon œil je n'y crois pas
Je suis de retour au bercail.

jeudi 31 juillet 2014


Dans l'attente

Ce petit espace d'écriture instantanée, conçu pour bouger au jour le jour, qui s'ouvre en un clic, à la manière des abris de camping qu'on jette en l'air et qui ont révolutionné la vie des randonneurs (mais pas leurs habitudes alimentaires), prend ses congés en août. Et oui. 

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Et pour nos amis non francophones et oui conciliants quand il s'agit de l'épineux sujet de la traduction en ligne :

Pending 
This small space instant writing, designed to move from day to day, which opens with one click, like shelters camping thrown in the air and have revolutionized the lives of hikers (but not their eating habits), takes his leave in August. And yes.

Anstehend 
Diese kleinen Raum sofort schriftlich, entworfen, um von Tag zu Tag, die mit einem Klick geöffnet wird, wie in der Luft schützt camping geworfen und haben das Leben revolutioniert Wanderer (aber nicht bewegen ihre Essgewohnheiten), verabschiedet sich im August. Und ja.

In attesa di 
Questo piccolo spazio di scrittura istantanea, progettato per passare da un giorno all'altro, che si apre con uno scatto, come rifugi campeggio gettati in aria e hanno rivoluzionato la vita degli escursionisti (ma non le loro abitudini alimentari), si congeda nel mese di agosto. E sì.

Pendiente 
Este pequeño espacio de la escritura instantánea, diseñado para pasar de un día a otro, que se abre con un solo clic, como refugios de camping lanzados en el aire y han revolucionado la vida de los excursionistas (pero no sus hábitos alimenticios), se despide en agosto. Y sí.

Nam et 
Hoc instanti scribere pauco, ordinantur ad motum qui de die in diem, cum uno click, quod locum, in castris, ut tabernacula mittatur in aerem, et in novas res sunt vita hikers (nec manducans habitus) ceperit Augusto pace. Et quod sic.

ペンディング 
1クリックで開き、日々移動するように設計されたこの小さなスペースインスタント書き込み、、、避難所は空気中にスローキャンプやハイカーの生活(ただし、革命をもたらしてきたような彼らの食習慣)、8月に彼の休暇を取る。そして、はい。

mardi 29 juillet 2014


Selon la police

La police de caractères ChavezPro est née, en hommage à l'ancien chef de l'État vénézuélien, Hugo Chavez. Il me tarde de découvrir d'autres typographies honorant la mémoire d'hommes politiques. La DeGaulle, grande, raide, et droite. La BokassaBold, uniquement disponible avec un Pantone© doré, mettons le 8365C. La ReaganSTD, la MaoLight… Il serait conseillé de réserver leur usage à du blabla de promotion dans le respect de l'illustre figure dont elles tiennent leur nom. En perspective, de beaux discours ciselés à l'ombre du clavier. 

jeudi 24 juillet 2014


Cet été

La glande.
Ma mer. 
Desseins dorés. 
Quitter le bonnet.
Décoller.
Plongeant.
Ah ! L'été. 

vendredi 18 juillet 2014


Point de vue

De l'iris à l'anus
Annus mirabilis
De l'anus à l'iris
Annus horribilis

mardi 15 juillet 2014


"Fait maison"

Le label qui garantit une préparation réalisée dans la cuisine d'un restaurant vient d'entrer en vigueur. 
Et si ce label venait à s'étendre à d'autres professions que le métier de bouche ? Au métier de mots par exemple ? Pour s'en prévaloir, il faudrait utiliser des phonèmes bruts, qui n'ont subi aucune modification importante en dehors. Pas facile. Car je peux bien l'avouer : tout faire soi-même, ce n'est pas évident. Moi aussi, parfois, j'ai recours à du copié-collé, je fais venir des morceaux d'idées déjà assemblés et les mêle à ma propre tambouille. Et puis, il ne faut pas se leurrer : il y a des gens qui préfèrent ça, le copié-collé. 
Je me range aussi à l'avis de certains restaurateurs : le label "fait maison", de toute façon, ce n'est pas ce qui attirera de nouveaux clients. 

lundi 14 juillet 2014


Je lève les yeux au ciel à :

Ma douce pyrotechnie 
Mon espolette précoce
Mon Bengale en feu
Ma poudre aux yeux
Mon réel artifice 
Mon bouquet total
Ma belle bleue

jeudi 10 juillet 2014

#
me décider à trancher un jour
 et enfin me doter d'un hashtag 
commenter à la hache
et montrer à l'arrache

mercredi 9 juillet 2014


Mais qu'est-ce qu'une cage ?

Une cage est une structure ajourée, le plus souvent grillagée ou à barreaux, destinée généralement à accueillir un animal. Elle empêche son occupant de s'enfuir ou permet de l'observer sans risque et protège ce qu'elle contient des intrusions ou prédateurs. La cage varie de forme et de taille selon son usage, de la grande volière à la cage de torture. 
Bon. Revenir aux fondamentaux (avec wikipédia). En cas de tirs au but. Animal. Prédateur. Torture. J'avais offert mes services de coach émotionnel, mais devant la déconfiture brésilienne, ils avaient interdit de pelouse tous les vendeurs d'âme. Je suis donc retournée dans la chambre de mon petit hôtel moyenne gamme et le rideau façon macramé, seul rempart à la vue sur le parking, m'a sauté aux yeux. 

dimanche 6 juillet 2014


Lit et râle 


À force d'accueillir les corps et les sexes, 
les matelas les imiteraient-ils un peu ? 

vendredi 4 juillet 2014


Partialisme : États Généraux IX
aujourd'hui : le doigt, la pulpe et le bijou préhenseur.



jeudi 3 juillet 2014


Une minute en moins 


le bombé de la nuit
la lumière qui tarit
chaque jour déjà plus sombre
le rebours a repris

lundi 30 juin 2014


Horoscoop

Vous avez avec vous le Soleil et la Lune et c'est une question d'heures, avant de connaître un retournement de situation. Quelque chose va prendre fin, suivi immédiatement par un renouveau. Le chiffre 1, ce grand Manitou de l'entité, fils spirituel avec qui tout commence, est dans le coin. Vous êtes chanceux et profitez-en, car le 2, plus dual et changeant, couple infernal, ne va pas tarder à s'annoncer, minant déjà les plans échafaudés un jour avant. 

vendredi 27 juin 2014


Oups

lâché la savonnette
taché le chemisier
tâché de faire mieux que ça
bâché par Amandine
fâché l'ami fidèle
mâché les mots d'amour
haché menu menu
gâché le beau moment
caché la joie

mardi 24 juin 2014


Puisqu'on n'y échappera pas

Daniel Cohn-Bendit, ancien défenseur du Parlement Européen, tourne un documentaire dont le personnage principal est le Brésil, qu'il sillonne pendant la Coupe du Monde. Il est passionné de foot, mais ne fait pas un documentaire sportif, il y tient.
Il a cette réponse, dans une revue spécialisée, quand on lui pose cette question :
"Donc on peut être de gauche et aimer le football. D’ailleurs, tu dis toi-même qu’il y a un football de gauche et un football de droite ?
Oui, exactement, le football de gauche, c’est « tu marques plus de buts que tu en encaisses ». Le football de droite, c’est l’inverse ! Tu essaies de ne pas encaisser un but et le hasard fait que tu en marques un."

Cela me laisse songeuse. "Travailler plus pour gagner plus" est une formule qui me semble assez correspondre à l'idée d'un foot de gauche dans ce cas-là… Mais je n'y connais rien au foot. 

lundi 23 juin 2014


Le top 10 des déchets retrouvés sur les plages avant le début de la saison estivale coïncide-t-il avec les coups de cœur littéraires des rédactions de magazines de l'été dernier ?
Il se dit que, parmi les rebuts, on compte aussi des chaussures uniquement pied gauche. 

vendredi 20 juin 2014


Philo non contractuelle
(ces sujets sont fictifs, toute ressemblance avec la réalité est purement fortuite) 

- Doit-on tout faire pour être définitif ?
- Suffit-il d'avoir le choix pour être une œuvre?
- Pourquoi chercher à s'échanger soi-même ?
- Une vérité peut-elle être intéressée ?
- L'artiste vit-il pour être heureux ?
- Sommes-nous son oeuvre ? 

lundi 16 juin 2014


Des événements tombaient du ciel. De la taille d'un immeuble. La tête constamment levée vers la voûte menaçante, mon corps prêt à éviter l'obstacle, si rapide à choir, si proche et oppressant, et c'est une énorme éponge grattoir qui s'écrasait au sol. Le côté vert et abrasif triomphant. Bientôt suivie d'un autre élément du quotidien dont la disproportion le rendait tout aussi inquiétant. Je ne me souviens pas de chaque objet mais l'esquive fut épuisante, et je crois que la vision de la pleine lune le vendredi 13 juin conjuguée à la sortie en dvd, deux jours avant, de L'île des miam-nimaux : tempête de boulettes géantes 2, sans oublier les quelques lignes du 10 juin dans ces mêmes pages, et voilà fait le lit de ma nuit. 

samedi 14 juin 2014


Bon débarras. Elle préférait encore finir le trajet en chaussettes. Sentir toute la ville sous ses pieds plutôt que continuer à porter ces horreurs. Une lubie du matin : ouvrir un placard, vouloir faire le vide, ranger un peu, et tomber sur ce cadeau de remise en forme offert par un amateur de loisirs urbains qu'elle ne voyait plus depuis… disons quasiment dès le début de leur relation. Une idée comme ça. Chausser ces engins, mais au lieu de glisser dans la ville, buter sur chaque surface, avoir l'impression que chaque poteau porte l'espoir d'un déambulateur. Alors quitter en pleine rue ces bottes de sept vieux. 

jeudi 12 juin 2014


(Le football)

Est-ce vraiment un sport d'équipe opposant onze joueurs + un ballon et dont le but est d'en marquer un dans les cages adverses ?
Je crois plutôt qu'il s'agit de courir comme un dératé pour échapper à la fatalité de sa propre identité, qui est, dans ce cas présent, véritablement collée à la peau et inscrite dans le dos, sur le t-shirt suant.
(Le ballon n'étant là que pour faire diversion). 

mardi 10 juin 2014


Mauvaise pioche 

"Je suis une éponge, tu sais."
Horreur !
Sois donc franche. Et au lieu de prendre ton air absorbé, dis-lui plutôt que tu es gorgée de bactéries, de saletés. Si loin d'une terre vierge.

dimanche 8 juin 2014



Je voulais que les ramasseurs de balles deviennent pour une fois des lanceurs de projectiles et que les chemises Charvet des spectateurs du cour central de Roland Garros s'en souviennent.
J'aurais pu aussi en passer par la Patrouille de France pour qu'elle arrose de ces éclatantes munitions la concentration de panama visibles depuis le ciel. 
Je n'ai trouvé aucun complice, aucun secours, aucun allié. 
Ce fut dès lors un combat entre la moisissure et moi. 

jeudi 5 juin 2014


C'est profond c'est immense
Brillant et flou si vaste
Le tout a la douceur d'un gant
Peut-être le ciel étoilé
Une couche brumeuse
On perce des nuages
Ah la planète Terre
De l'eau des continents c'est nous
On se dirige trop vite vers l'étendue bleue dirait-on 
Mais non on rétablit le cap une illusion
Des montagnes une forêt
Ah une zone d'habitation 
Qui a l'air un peu ridicule en fait
Beaucoup de voitures trop vraiment
Des rues comme des enclos
Des maisons comme des niches
Des pelouses paillassons
Et voilà c'est ici terminus
Ah déjà ah tant pis
Désolé c'est comme ça
Tu n'es pas l'homme canon
Et le siège éjectable, pas encore une option.

mardi 3 juin 2014



Computer love



Et ils se grimpent dessus, de jour comme de nuit, 
coques et bits confondus, 
dépassant allègrement la ligne jaune de la bienséance.

lundi 2 juin 2014


Un jour, le faire

Quand le film commence, et surtout s'il est américain, je me fais souvent la même réflexion : pourquoi donc les animations et logos des studios et sociétés de production qui ouvrent le bal des images sont-ils si ringards ? J'envisage de les rassembler un jour dans un corpus exhaustif pour révéler au monde l'indigence du truc. Et si cela ne suffit pas, j'enverrais ce bout à bout dans une enveloppe spéciale spatio-temporelle pour faire savoir aux autres galaxies le danger encouru par le cinéma terrien.